samedi 4 mars 2017

Qui vole un boeuf... pèse lourd.


Alphonse Boudard, Chroniques de mauvaise compagnie, La Cerise, Editions Presses de la cité/Omnibus.

vendredi 3 mars 2017

Comme le con qui serre tôt...

" La vanité masculine, Monsieur, fait grand cas du fond sonore qu’une femme donne à son plaisir et que Josyane donnait au sien, au point que les bordels chics d’autrefois tenaient à la disposition des amateurs, outre la chambre aux glaces que vous connaissez, une artiste spécialisée, « la frimeuse », dont les manifestations tapageuses étaient censées stimuler le client paresseux de la braguette. Ces manifestations, je n’ai rien ni pour ni contre à la condition qu’elles soient sincères et qu’elles restent modérées. Que la femme de votre vie laisse filer quelques soupirs d’ange et quelques froufrous d’ailes en sentant monter son plaisir, c’est flatteur et c’est la moindre des choses, non ? Les gémissements ou les grincements de dents ont leur charme. Les grondements et les râles font un peu tigresse, mais je m’en accommode. Les sanglots ? Leur côté théâtral me met mal à l’aise. Les rugissements et les hurlements, très peu pour moi ! Un solo de violoncelle, oui ! La Philharmonique de Berlin, non et non ! À tout prendre, je préfère la gentille simulatrice qui en fait un peu trop pour vous être agréable, à l’hystérique dont les brâmes de jouissance tiennent tout votre immeuble éveillé et vous valent un rappel à l’ordre plus ou moins amène de vos voisins ou de votre propriétaire. Certes, les geignements et les geindres de la gentille Josyane étaient sincères. J’en étais cependant gêné, et je parvins à la persuader d’y mettre la pédale douce et de passer, si vous voulez, du trombone à la flûte et du do majeur au sol mineur, comme le con qui serre tôt du même nom. "

Jacques Cellard, La chambre aux miroirs, Editions Le Cercle, 2001.

jeudi 2 mars 2017

Prémonitoire... les 35 heures...

Céline et son perroquet Toto
"[…] il me semble à tout bien peser que 35 heures c’est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique.
Y a pas que le vacarme des machines, partout où sévit la contrainte c’est du kif au même, entreprises, bureaux, magasins, la jacasserie des clientes c’est aussi casse-crâne écoeurant qu’une essoreuse-broyeuse à bennes, partout où on obnubile l’homme pour en faire un aide-matériel, un pompeur à bénéfices, tout de suite c’est l’Enfer qui commence, 35 heures c’est déjà joli. […]"
Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps, 1941.

mercredi 1 mars 2017

" La seule fonction de l’amour est de nous aider à endurer les après-midi dominicales, cruelles et incommensurables, qui nous blessent pour le reste de la semaine - et pour l’Éternité. […]
Comment tuer autrement ce temps qui ne coule plus ? Dans ces dimanches interminables le mal d’être se manifeste à plein. Parfois on arrive à s’oublier dans quelque chose; mais comment s’oublier dans le monde même ? "
Emil Cioran, Précis de décomposition.