lundi 12 août 2019

Chungking Express


BO du film "Chungking Express", "Dreamlover" interprétée par Faye Wong (en cantonais svp !) d'après "Dreams" des Cranberries.
Un film de Wong Kar-wai avec Faye Wong, Tony Leung Chiu-wai & Brigitte Lin.

dimanche 11 août 2019

La poésie est toujours de sortie...

Robert Giraud
« "La vie est un acte si court" m’expliquait un jour un copain, tu parles, la poésie est toujours de sortie ou n’est valable que pour celui qui n’est pas dans le bain. Pourtant, tous les poèmes qui ne s’écrivent pas, tous ceux que des mots inventés sur une page blanche n’arrivent pas à consacrer, ne sont-ils pas les meilleurs ? Personne ne le saura jamais. Il n'y a qu'à voir, qu'à écouter. Ils fleurissent les nuits d’été, en forme d’étoile filante. Les yeux au ciel, ils sont déjà passés c’est tout, mais suffisant, tout essai de justification est une connerie.
Personne ne se ressemble sous l’uniforme de la nuit. Le cœur ne sait pas se déguiser, il demeure ce qu’on lui a appris à être. »

Robert Giraud, Le vin des rues.

dimanche 4 août 2019

Dernière lecture publique...


du vieux dégueulasse...
31 mars 1980. 60 piges au compteur.
Le public est clairement venu voir le "phénomène de foire"...
(Pour info : possibilité d'activer les sous-titres anglais (générés automatiquement) ça aide !)

dimanche 28 juillet 2019

Bientôt dans les bacs...

Réédition du livre de Mark SaFranko précédemment édité chez feue 13e Note Edition...

13e Note (2009)
La Dragonne (2019)




















New York, milieu des années 70. Les rencontres se font au piano-bar. Entre Max Zajack, apprenti-écrivain abonné aux petits boulots et Olivia, brune énigmatique et sensuelle, c'est le coup de foudre. Ils se jettent à corps perdu dans une relation torride. Mais ces débuts idylliques vont prendre une tournure inattendue : Olivia, éternelle insatisfaite, s'avère peu à peu incontrôlable, au grand dam de Max, lui-même victime de ses démons intérieurs. Les voilà consumés par le feu d'une passion toxique et addictive, sur fond de sexualité exacerbée. Pourront-ils sortir indemnes de cette spirale infernale ? Voilà enfin réédité, assorti d'une nouvelle traduction, l'un des romans phares de Mark SaFranko. Issu de la scène indépendante new-yorkaise, dans le sillage des Fante, Miller et autre Bukowski auxquels il a souvent été comparé, cet infatigable puncheur nous livre avec "Putain d'Olivia" une histoire fiévreuse et déglinguée comme il en a le secret.
Bien plus qu’une histoire d’amour, une fascination destructrice. Ensemble, Max Zajack et la sulfureuse Olivia vont tout connaître: le sexe, les jobs sans envergure, les espoirs déçus, au rythme d’une dégringolade tragique et burlesque, qui s’achèvera en rupture brutale. Pour Max, l’apaisement sera au bout de ce voyage de lumière et de ténèbres mêlées.
Mark SaFranko sort de nulle part. Un homme sans limites ni frontières... Mark SaFranko n’est plus un ovni littéraire que seuls quelques initiés savaient localiser. Sa prose nerveuse et racée, sa littérature du corps à corps a trouvé son public. Un auteur est né.
Signes particuliers : un goût immodéré pour la prise de risques, une prose nerveuse et racée. Une écriture au corps à corps dans la lignée d'un Fante, d'un Miller, d'un Bukowski. SaFranko puise ses histoires aux profondeurs de sa propre existence et c'est une manière efficace de donner du punch à sa prose et quelques uppercuts à ses lecteurs. Chambres de meublés pourris, jobs sans envergure, histoire d'amour et substances toxiques. Larmes amères et sexe pour Max Zajack, le héros, amoureux fou d'Olivia Aphrodite Tanga, beauté énigmatique et "putain" plus ou moins affirmée qui l'entraîne dans l'abîme d'une passion addictive, d'une fascination destructrice. Max avance sur un chemin sombre. Au bout, il trouvera l'apaisement. Départ immédiat pour un voyage de lumière et de ténèbres mêlées...
Mark SaFranko est un tenace. Il a survécu à des compagnes perturbées, des menaces de mort, une santé mentale fragile et des dizaines de boulots (chauffeur, livreur, astrologue, OS, fast-food). Cette vie d'errance nourrit une oeuvre vaste : nouvelles en quantités, poèmes, essais, romans, pièces de théâtre et quelque 150 chansons. Car l'homme est un écrivain compulsif, un marathonien du verbe dont Dan Fante dit qu'il "aime mieux écrire que respirer". Un auteur, un vrai.


En bref, de la loose à la sauce Bukowski/John Fante/Dan Fante...

Putain d'Olivia, Mark SaFranko, Editions La Dragonne, Sortie le 11 Septembre 2019.

mercredi 24 juillet 2019

D'un enterrement l'autre...


Quand André Gide est mort, en 1951, le seul journaliste disponible à «France-Soir» était un spécialiste du fait divers, d'ailleurs excellent. On l'expédia rue Vaneau. Il ne rappela que le soir: «Aucun intérêt, c'est une mort naturelle.» C'est sans doute pour éviter un tel malentendu que, pour l'enterrement de Céline, comme j'étais catalogué littéraire, c'est moi qui fus envoyé.

Céline est mort le samedi 1er juillet 1961. Ses voisins ne l'ont su que lorsqu'ils ont vu apporter son cercueil. Lucette Almanzor aurait voulu un enterrement le plus intime possible, sans journalistes. Mais il a dû y avoir une fuite. Je pense que Roger Nimier a prévenu Pierre Lazareff. Bref, avec mon ami André Halphen, de «Paris-Presse», nous n'étions que deux reporters.

Je revois le Bas-Meudon, sous une petite pluie, tôt le matin. Sortant de la villa Maïtou, pavillon vieillot, 23 ter route des Gardes, descendant le jardin banlieusard pour rejoindre le corbillard, le cercueil était suivi d'un tout petit nombre de personnes: la fille de Céline, née d'un premier mariage, Roger Nimier, Marcel Aymé, Claude Gallimard, Max Revol, Jean-Roger Caussimon et la comédienne Renée Cosima, qui était la femme de Gwenn-Aël Bolloré. J'ai reconnu aussi Lucien Rebatet. En novembre 1946, j'avais assisté au procès de «Je suis partout» et je l'avais vu condamner à mort.

Suivi de quelques voitures, le corbillard entama la montée, à travers les rues de Meudon, vers le cimetière des Longs-Réages. Il continuait à pleuvoir. Le convoi n'est pas passé par l'église, et il n'y a pas eu de discours. A peine au cimetière, le cercueil a été glissé dans la fosse. Quelques fleurs et c'en fut fini à jamais du docteur Destouches, alias Louis-Ferdinand Céline, dont la vie fut si longtemps pleine de bruit et de fureur. Il était à peine 9 heures du matin. Dans mon reportage de «France-Soir», je m'étais permis d'écrire: «Il est toujours triste d'être obligé d'avoir honte d'un grand écrivain.»

L'après-midi de ce mardi 4 juillet, je suis allé interviewer, dans un hôtel parisien, Karen Blixen, qui, dans son grand âge, ressemblait à la momie de Ramsès II.

Céline est mort à Meudon le 1er juillet. Le 2, à Ketchum (Idaho), Ernest Hemingway mettait fin à ses jours. Une semaine après avoir assuré le reportage de l'enterrement de Céline, j'étais à Pampelune en train d'enregistrer pour la radio une messe que le matador Antonio Ordoñez faisait célébrer, dans la chapelle San Fermin de l'église San Lorenzo, à la mémoire de son célèbre afcionado. Orson Welles était là, ainsi que quelques vedettes du cinéma et de la littérature qui semblaient s'être donné le mot pour se retrouver à la Feria de Pampelune, en souvenir d'Ernesto.

Roger Grenier.
(c) "le Nouvel Observateur" du 19 mai 2011.

Source

lundi 22 juillet 2019

Gabriel Casas (1892-1973)





(c) Gabriel Casas
Gabriel Casas, l'un des photographes espagnols les plus importants de la période entre les deux guerres, a été l'un des premiers à adopter le langage photographique du New Vision, le mouvement d'origine allemande qui a révolutionné la photographie avec l'usage de cadres surprenants, contrastes de lumière et de formes, photomontages...

dimanche 21 juillet 2019

Bientôt dans les bacs...


Des freaks, des rednecks, des paumés, et ce Sud qui sert de miroir à une Amérique tiraillée entre violence et respectabilité, peuplent tous les grands romans de Harry Crews.
Ce portrait noir et grotesque de son pays, Crews le dresse plus nettement encore quand il s’essaie au journalisme. On est alors du côté du « nouveau journalisme » de Tom Wolfe, ou du « journalisme Gonzo » de Hunter S. Thompson, de la « narrative non-fiction » comme on dit en français. Cette partie de l’œuvre de Harry Crews était jusqu’à aujourd’hui totalement inconnue en France, alors qu’il a publié, dans les années soixante-dix, de très nombreux textes dans la presse.
Péquenots rassemble ses reportages parus dans Esquire et dans Playboy entre 1974 et 1977. Qu’il nous entraîne dans sa quête d’une vasectomie, dans l’univers des forains, sur un sentier de randonnée des Appalaches, ou encore sur un tournage en compagnie de Charles Bronson, Harry Crews fait toujours mouche : il nous bouscule ou nous arrache un sourire. Souvent les deux.

Péquenots, Harry Crews, Editions Finitude, À paraître le 3 octobre 2019!

Source

samedi 20 juillet 2019

Mieux vaut lire ça...


"Céline m’emmerde. Profondément et à jamais. Rien à voir avec le débat aussi répétitif que vain sur L’homme/L’écrivain, la Collaboration, l’antisémitisme et tout ça. Céline m’emmerde – gravement – parce que ses livres m’emmerdent.
D’un écrivain et de ses livres, j’attends d’abord – au-delà de l’étonnement, du plaisir, du divertissement, de la réflexion, bref des affects immédiats de lecteur – fondamentalement deux dimensions essentielles à mes yeux : l’universalité et le style. Avec Céline je n’ai ni l’un ni l’autre.
Quel que soit le sujet que Céline aborde, la guerre, l’humanité, les femmes, la modernité, l’amour, il ne nous sert toujours que la même soupe : ses symptômes, son moi, sa haine de l’existence, sa vision du monde, son bric-à-brac aussi pitoyable que grotesque. En gros, Céline n’a d’autre préoccupation que Céline et c’est terriblement ennuyeux parce que les préoccupations de Céline sont tristes (Spinoza aurait parlé de passions tristes), étriquées, rabougries, égocentriques et surtout obsessionnelles. Où est le souffle de l’humanité dans n’importe laquelle de ses œuvres ? On répond Le « Voyage » ? Pas besoin d’attendre le naufrage littéraire des œuvres ultérieures, c’est déjà un sinistre pamphlet : contre la modernité, contre les hommes, contre l’organisation sociale, contre, contre, contre. Jamais pour et c’est là qu’on atteint la première limite insupportable de Céline : on ne trouve trace dans son œuvre d’aucune forme d’engagement positif."...

A lire...

...que d'être aveugle !
Quoique... J'espère que son écrivain préféré n'est pas Marc Levy!
Les mêmes arguments peuvent être utilisés pour justifier pourquoi je l'aime le Céline...
Pour moi, l'un des derniers grands atrabilaires avec Léon Bloy et Paul Léautaud...