mardi 15 janvier 2019

L’homme... une créature corollaire... fortuite...


" LES FEMMES SONT plus réelles que nature. Ouragan de réalité qui ravage tout ce qui n’est point biologie. La femme est - davantage - un être humain. L’homme, au fond, n’est qu’une créature corollaire, en quelque sorte fortuite. Point prévu au programme, il a fini par l’investir. L’être humain, en principe, c’est la femme. Les hommes ? ils ne font que circuler autour, se choisissant les tâches les plus saugrenues : logisticien, souteneur, banquier, matelot de sous-marin au long cours, ou alors philosophe, spécialiste en physique théorique - et jamais, nulle part vous ne les verrez satisfaits. Pour les femmes, c’est le contraire : songer à la plage. Contenter les hommes ne relève pas du plan terrestre. Représentent un type prolongé, trop mûri - voué à l’extinction. Monté en graine, pathologique. Mais la femme satisfaite, là, pardon ! Chose indescriptible, en tulle transparent, paire de slips en nylon diaphane bleuté argent.
  Pourtant, il y a l’envers de la médaille : les exceptions. Si  la femme mérite qu’on lui fasse - à titre provisoire - confiance, c’est uniquement comme putain, rien de plus. (...) "

Leo LipskiPiotrus, 1960, p.57, traduit du polonais par Allan Kosko, Editions L'Arbre vengeur.

dimanche 13 janvier 2019

Dans la hotte de Papa Noël...


Pour faire suite à mon post précédent...

Sur l'avenir de l'édition traditionnelle...


François Bon en grande forme...
La solution : l'auto-édition ?... Ce n'est pas tout d'écrire et d'être publié, il faut SURTOUT faire valoir SES droits !!! Les voleurs sont partout...

vendredi 11 janvier 2019

Le vin des rues - Robert Giraud

Présentation de l’éditeur
Robert Giraud n’est pas sérieux, c’est ce qu’en dit Robert Doisneau. Robert Giraud traîne sa silhouette le long des quais, renifle l’odeur de céleri des Halles et brûle ses nuits au bistrot. Chez Fraysse ou chez Paulô, assis au zinc devant un beaujolais, il raconte les histoires d’un Paris perdu, d’un Paris insolite sur le ton d’une simple conversation et avec le langage des rues mal éclairées. Dans ces histoires qui n’ont pour thèmes qu’amour, argent et honneur s’illustrent des personnages, écorchés et mythiques. Mais ne subsiste finalement qu’un acteur : le vin, sérum de vérité, qui délie les langues.
Robert Giraud, provincial de Limoges destiné à une carrière de notaire monte à Paris au milieu des années 40 et choisit une voix différente, celle de l’aventure. Poète, journaliste, écrivain et lexicologue, il est l’auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels Le Vin des rues (1955), qui obtient le Prix Rabelais et Le Royaume secret du Milieu (1969), consacré au royaume d’argot, à son peuple et à ses coutumes. Ami de Doisneau et Prévert, qu’il fréquente au bistrot, il est un explorateur du Paris by night tel qu’il ne sera plus.

C’est une succession d’historiettes, de tranches de vie, d’anecdotes de bistrots de la faune parisienne des années 40-50, par notre Bukowski national, j’ai nommé : Monsieur Bob… enfin, toute proportion gardée et en moins égocentrique ; le narrateur s’effaçant pour se concentrer sur l’essentiel : un portrait, un tableau, souvent tendre, des marginaux et des laissés-pour-compte, kaleidoscope bigarré de tronches en tous genres dans une gouaille argotique savoureuse ; les prostituées, celle qui se prostitue en achetant ses poireaux, le vendeur de tabac qui récolte les mégots, les clodos sous la voûte céleste, les piliers de bar, les voleurs à la petite semaine, l'habitué des bordels qui se fait payer son billet de retour par les mêmes qui lui ont vidé les "bourses"... C’est vraiment un livre que l’on descend comme une bonne bouteille de Saint-Emil'… Mais il faut tout de même avoir de l’estomac... Moi qui suis 100% Chti, et "ignare" (à l'époque de ma lecture), je ne connaissais pas du tout cette "mythologie" parisienne, que je croyais réservée à l’autre côté de l’Atlantique ; tous ces personnages si atypiques rendus si chaleureux par Mister Bob d'un Paris maintenant disparu et complètement oublié… Pour information, le titre est de Prévert et a été utilisé aussi pour un vrai bistrot de Paname...

" Comme dans n’importe quel métier d’homme, la nuit a ses apprentis, ses voyageurs, ses traînards, ses égarés, ses disciples, ses pigeons, ses figurants… Le bistrot est là, premier échelon à franchir, et auquel on ne résiste pas. Pourquoi lui résister, après tout. Depuis la fermeture des bordels, le bistrot est ouvert la nuit. Le solitaire a beau être un solitaire, le bistrot-tabac, telle une fille, cligne l’œil rouge de sa carotte, et son appel ne laisse jamais insensible, et puis il faut en passer par là. (...)Hommes de la nuit, ils sont là, faciles à voir, à reconnaître, du plus petit au plus grand, traînant tous les rades les uns après les autres comme si la farce était réglée à l’avance. Une lumière s’éteint, une autre s’allume et la remplace. La nuit a quelquefois aussi ses heures de fermeture. C’est ce qui est grave, le tout est d’en profiter au maximum, après on verra. "

" On but une longue gorgée avant d'allumer les cigarettes. Papillon qui avait chaud d'un revers de main remonta la visière de sa casquette qu'il ne quittait jamais et pour cause, elle lui servait enfoncée jusqu'au yeux à masquer le papillon, ailes déployées, qu'il s'était fait tatouer au milieu du front en correctance. C'était sa raison sociale : comme lui je vole, ça voulait dire tout simplement. "

" Quelques mois avant sa mort, nous embauchâmes Fréhel la Grande pour venir chanter ses vieux succès. (...)En pantoufles sur des socquettes de laine rouge, en jupe noire plissée de fille des Halles, poings sur les hanches, dans un coin de la piste elle regardait la salle puis se tournait vers l'accordéoniste.
- Vas-y, minet vert... "

" Ces rêveurs des rues sont morts en même temps que leur ville, car de Paris aujourd'hui, il n'existe plus guère qu'une cité vidée de ses entrailles. "

" Les amoureux de Paris sont des Sioux sur le sentier de guerre, la cigarette qu'ils allument parfois, ver luisant entre ciel et terre, indique le chemin du retour. "

D'autres extraits ICI et ICI.

Robert Giraud, Le vin des rues, Editions Stock/Ecrivins - 246 pages, au format d'une bouteille de pinard.
Robert Giraud dit Monsieur Bob

Sur le pouce...

Publicité de l'époque

jeudi 10 janvier 2019

Suite à l'épisode du Furet Du Nord et tel un enfant dans un magasin de confiseries (ou de ch'uc' comme on dit dans le Nord), je n'ai pas pu résister devant tant d'étalage, de profusion, d'abondance...


mercredi 9 janvier 2019

Une belle évocation de la femme... (Hommage)

" Ce qu'il y a de primitif dans la femme ne fait guère surface en présence des mâles. Préliminaires auxquels s'adonnent les femmes seules. Promenades lunatiques, aller-retour. On transfère des slips de place en place. On détaille un à un ses bas en quête de mailles filées. On s'absorbe dans la glace, chemin du nirvana. L'autre, dans le miroir, vous hypnotise. On s'approche  de la glace, s'en éloigne. Mouvements compassés, relevant du cérémonial. On se lisses les sourcils, les cils. Ébauche un geste en direction de la chevelure. Et, de nouveau, inertie. S'il y en a une qui vous parle, c'est un "oui, oui" ou un "non, non" absent. Comme si on allait tourner de l'oeil. Avec lenteur, avec componction, on enfile une paire de culottes, la toute neuve, celle qui est destinée à. On essaie un soutien-gorge, au autre. On en change, nerveusement. Pas celui-ci, celui-là !
  Se regardent pour voir de quoi elles ont l'air par-derrière, par-devant. A chacune sa manière de tortiller de la croupe. On s'exerce. De quoi aura-t-on l'air en dansant. On éprouve, on essaie les mille et une poses de la soirée. Tour à tour, on est ravie, dépitée, fâchée. Faire très attention : de quoi auront alors l'air votre poitrine, vos jambes, vos dents, votre ventre. Certaines se mettent à mimer des scènes entières : le bonjour, les adieux, le regard qu'on glisse à travers cils, le coup d'oeil dans la vitre sans se retourner, quelques pas sur le parquet sans avoir l'air de rien.
  Puis, à demi habillées, elles s'attardent encore devant leur miroir : se faire le visage pour ce soir. On se met du rouge en se léchant les lèvres, on se retrousse les cils, certaines y vont d'une goutte d'atropine. On s'efforce de corriger ce qui, semble-t-il, ne saurait l'être. Au menton, on s'arrache des poils imaginaires, tel un coiffeur se prodiguant en gestes superflus autour de la tête du client. Touche ultime de brosse aux sourcils, il y en a qui ajoutent du khôl. Elles ont quelque chose du chirurgien qui se recueille pour l'opération, du prêtre avant le sacrifice rituel. Concentrée, l'attention lunatique atteint son apogée. Ici, là, encore quelques gouttes de parfum. Subitement, c'est la précipitation : on a vu l'heure. "

Leo Lipski, Piotrus, 1960, p.54-56, traduit du polonais par Allan Kosko, Editions L'Arbre vengeur.
Leo Lipski

mardi 8 janvier 2019

Un concours de T-Shirts mouillés ! Chouette !!!

Le bon goût est de retour. Bukowski fait un caméo (apparition) dans le film "Supervan" (1977), un chef-d’œuvre cinématographique qui n’est pas resté dans les "annales" (on se demande bien pourquoi). Serez-vous le retrouver ? Un indice : il a 56/57 ans et s’amuse comme un gosse…
A l'heure de #MeToo, ça serait la case prison directe !

lundi 7 janvier 2019

Quelques bons écrivains en très bonne place...

...sur les présentoirs du Furet Du Nord (Lille).
John Fante
Charles Bukowski
Richard Brautigan
Il y avait aussi du Hubert Selby Jr. (!), du Emmanuel Bove (!), du Marc Bernard (!), du Edgar Hilsenrath, du Louis-Ferdinand Céline, du Jack London... ça nous change un peu de Marc Levy et consorts (qui sort?). Mais il y avait aussi UN mur de Michel Houellebecq ! :(
Il n'y a pas si longtemps que ça il fallait les chercher cachés dans d'obscurs coins de bibliothèques...
Syndrome des rééditions ???

jeudi 3 janvier 2019

Petit Bilan 2018

Comme je n'ai pas de mémoire et que je n'ai rien noté sur mes lectures 2018 je vais essayé de me souvenir des explorations livresques de cette année... Et il y a sûrement un chevauchement fin 2017/2018... Je n'ai "heureusement" pas lu grand chose... mais souvent que du bon (pour moi) ! Il y a tout de même quelques déceptions et quelques Flops ! On ne peut pas faire mouche à tous les coups. Et je passe sous silence quelques ebooks et autres livres presque oubliés...


Mon écrivain russe du moment


L'écrivain et son journal



C'est une sorte de journal d'un écrivain raté mi Céline (sans la haine) mi Henri Calet...
C'est la citation au bas de la couverture de "A tout prix" qui m'a convaincu de lire ce journal!
Et aussi que je connaissais Rudigoz, sans le savoir, depuis l'enfance car j'avais lu son livre pour les enfants : "Les Contes de la souris chauve" ; peut-être son seul véritable succés d'écrivain.


Les livres à portraits qui font découvrir d'autres écrivains (ou confirment un choix)




La réédition incontournable (une relecture donc!)


A la poursuite de... Henri Calet


A la poursuite de... Robert Giraud


A la poursuite de... Dan Fante
Il y a deux ans j'ai acheté tout le reste de sa bibliographie encore disponible en français car j'ai découvert qu'il était mort depuis déjà un an !


Les chouettes découvertes !!!
Pour "Mendiants et orgueilleux"

Journal d'une "résistance"
Pour "Mes amis" (en ebook)






Pour faire plaisir à son ego de Lecteur


La lecture érudite (trop pour moi mais très intéressante)
peut-être pour K.

La putain de trouvaille de fin d'année



Les déceptions cuisantes (ou avis mitigés ! trop d'attente?)


Les Flops, bides (abandonnés bien avant la fin, mais je ne perds pas espoir de les lire...)